Affichage des articles dont le libellé est règles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est règles. Afficher tous les articles

14/07/2008

La règle des tiers

Je vais vous parler d'un grand classique de la photographie et du dessin: la règle des tiers. Cette règle permet très facilement de créer une image qui a de l'impact. Si vous débutez en photographie, vous allez probablement apprendre quelque chose de nouveau. Si vous êtes avancé, vous allez peut-être réapprendre une notion déjà acquise. Qui sait?

Le principe est simple: par extension à la lecture d'un livre qui se fait de droite à gauche et de haut en bas, nos yeux ont identifié des balises, des points où le regard s'arrête à la recherche d'une information pertinente, d'un attrait visuel.


Pour les oeuvre "emprisonnées" dans un rectangle, c'est bien simple, il existe quatre points chauds. Si on dessine des lignes à un tiers et à deux tiers de la hauteur et de la largeur de l'image, on obtient un quadrillage comprenant neuf cases. Les quatres lignes tracées se rejoignent en quatres points. Voici un exemple de grille:





Le cadre bleu représente les bords de l'image et les points oranges les points "chauds". Ces points chauds seront ceux où on va tenter de placer le sujet. Attention, inutile d'essayer d'utiliser tous les points en même temps. N'oubliez pas que, à l'instar de la lecture, une image se regarde de la même manière. Ainsi le point en haut à gauche est le plus fort, le point en haut à droite un peu moins fort, le point en bas à gauche encore moins et, finalement, le point inférieur droit est le plus faible.

Regardons cette image:




C'est l'image originale, non retouchée. J'ai simplement ajouté la grille après coup. Il est facile de constater que le personnage est aligné sur le deuxième tiers. On pourra noter qu'il n'est pas nécessaire d'être précis au millimètre près, l'important, c'est l'impact de l'image. Le corps du sujet est situé sur un point chaud. À mon avis, on pourrait rendre l'image un tout petit peu plus efficace, en recadrant de façon à ce que le sujet touche les deux points chauds de droite. Voici le résultat avec la grille:




Et sans la grille:






Moi, j'aime beaucoup l'image recadrée. Elle est plus harmonieuse et on se concentre plus sur le sujet principal que sur le rocher qui est en dessous (il était dangereusement "attiré" par le point chaud le plus faible). De plus l'horizon est de travers - j'aurais dû commencer par le corriger avant de faire le reste, mais il m'arrive régulièrement de faire les choses dans le désordre.



Voici l'image finale:

Il y a plusieurs travaux qui n'ont pas été effectués sur cette photo, comme la correction de couleur, correction de netteté et la gestion du contraste. Mais mon but ici était de montrer le cadrage et le recadrage en appliquant la règle des tiers.

J'aimerais ajouter que vous vous sentirez un peu perplexe au début. Comment cadrer en prennant compte de la règle des tiers et en pensant à ne pas perdre mon sujet de vue et à régler la lumière et à... respirez! Si vous voulez vous pratiquer, commencer par des natures mortes; une pomme, une banane ou une bouteille ne s'enfuiront pas - sauf si vous avez faim ou soif. Deuxièmement, pratiquez! Pratiquez! et Pratiquez! C'est comme le vélo, il faut que le déclic vienne.

Dès que vous vous sentirez plus à l'aise avec la règle des tiers, vous pourrez passer à une autre étape.

Qu'est-ce que vous faites encore là à lire? Prennez votre appareil photo et trouvez un beau sujet... avec le numérique vous ne serez jamais à bout de pellicule (prennez une ou deux batteries de rechange).


15/08/2007

Suivre les règles, oui, mais...

Une petite voix insistante en vous refuse d'admettre qu'il faut suivre des règles (comme en photographie par exemple). Alors, vous vous décidez à le prouver et vous brandissez l'écriture comme le moyen ultime de création, avec l'imaginaire pour seule limite.
Effectivement, la perspective de parvenir aux limites de l'imaginaire semble impossible.
Sauf que nous ne pouvons pas aller aussi loin que nous le voulons.
Le premier problème est que le lecteur a besoin de références. Si vous commencez une histoire qui ne se situe pas sur terre, où il n'y a pas d'humains et où les règles sociales sont totalement différentes (voire inexistantes) et que vous ne donnez aucun indice qui mettra la puce à l'oreille de votre public, vous serez le seul à lire vos histoires (et peut-être quelques amis qui ne veulent pas vous décevoir), et, entre nous, ce n'est pas ce que vous recherchez.
Donc, nous constatons, une fois de plus, que des règles se dessinent. Comment faire entrer quelqu'un, que vous ne connaissez pas, dans votre imaginaire? Il existe plusieurs stratégies, mais en règle générale, il vaut mieux définir le lieux, le temps, le contexte, les personnages et le déclencheur de l'histoire. L'ordre n'a que peu d'importance.
Bien, maintenant que l'histoire est commencée, le lecteur est bien installé dans votre imaginaire sans limites. D'ailleurs, il se l'est déjà approprié, car vous n'avez pas tout décrit et il a changé la couleur des rideaux ou une ride sur un visage. Imaginons un instant que soudainement durant histoire du roi Arthur, à la page 735, des extraterrestres attérissent, tuent tout le monde et l'histoire se poursuit sur l'histoire d'amour (inavouée) de deux des envahisseurs, durant les 594 pages restantes. Là, votre lecteur sera surpris, c'est certain. Il y a de fortes chances qu'il cesse la lecture. Vous venez de rompre la continuité de l'histoire.
Bien que votre imaginaire soit sans limites, vous n'avez pas le choix, il faut lui en imposer. Et les règles viennent vous aider.
Encore une fois, comme pour les règles de composition en photographie, il est possible de dévier de certaines règles. Le lecteur appréciera grandement, il aura la sensation de lire quelque chose de frais.
Et si vous avez l'impression que vous venez d'histoire la meilleure histoire de tout les temps, sachez qu'il n'existe qu'une dizaine d'histoires types. Le seul élément qui rendra votre récit plus passionnant, c'est le choix des personnages et du traitement qu'on en fait.

09/08/2007

Suivre les règles, mais pour quoi faire?

Tout photographe débutant se retrouve à un moment donné confronté à la question: "Mais pourquoi faut-il que je suive les règles de composition?".
Il est possible de prendre une multitude de photographie en ignorant toutes les règles. Au moment de faire le tri, on pourra trouver quelque bonnes prises, quoiqu'en ignorant les règles de composition et d'exposition, il y a de fortes chances que ce soit le souvenir de la prise de vue qui influence ce tri. Par exemple, une fraise, qui était jolie lorsqu'on l'a vue, mais qui parrait grise et ordinaire sur la photo, sera toujours considérée comme jolie par le photographe débutant - le souvenir se superpose à l'image photographiée.
Les règles d'exposition vont permettre à l'image de restituer l'éclat de la fraise. Bien sûr, une bonne caméra bien équipée améliorera le rendu et la qualité globale de l'image, mais ce qui n'est pas maîtrisé au moment de la prise de vue ne peut jamais être compensé par le matériel. Donc, ce premier ensemble de règles maîtrisé, nous avons une jolie fraise rouge éclatante - on aurait envie de croquer dedans.
Malheureusement, la fraise est au centre de l'image et on voit beaucoup de détails inutiles qui viennent encombrer l'image. Dans certains cas, ce n'est pas génant d'être au centre de l'image, mais souvent, cela manque de dynamisme...
On peut recadrer en s'approchant de la fraise -Il n'est pas nécessaire d'utiliser le zoom pour cela- et on peut décentrer la fraise. Pourquoi pas sur une des lignes d'influence (ce sont des lignes horizontales et verticales qui découpent l'image en tiers).
Pourquoi le tiers? C'est ce que disent les règles de composition depuis que les peintres et les architectes ont découvert le nombre d'or. Cette règle est relativement universelle, mais peut être influencée par notre culture. Le sens de lecture d'un texte influence notre façon de lire une image.
Le fait de placer notre sujet sur un de ces points ne garanti pas à tout coup que l'image va être bonne, mais au moins, elle augmente sérieusement son impact visuel.
Et lorsque, finalement, on maîtrise toutes ces règles, on peut se sentir libre, car il devient alors possible de les transgresser et de modifier l'impact de l'image, car on surprend le spectateur. Inconsciemment, il connaît les règles de composition, car il est capable de dire, d'un photographie qu'il n'a jamais vue, si elle prise par un photographe (amateur ou professionel) ou monsieur et madame tout le monde.
En regardant des photos où quelques règles ont été transgressées, l'observateur connaît les règles et cherche à les suivre, en indentifie plusieurs, puis tombe dans le piège du photographe, pour être charmé.